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En Attendant...La Suite

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Rencontre avec Pauline et Radia, interprétée par Blandine.
Interviewée par Claire Kachkouch Soussi,
Vendredi 5 juin 2020.

Claire : Bonjour

Pauline : Bonjour, moi, je m’appelle Pauline et je vis ici à St Lieux.

Radia : Et moi je m’appelle Radia et j’habite aussi en coloc ici avec Pauline à ST lieux.

Blandine : Moi, c’est Blandine et donc je vais me faire la voix des deux personnes qu’on vient d’entendre et qui s’expriment en langues des signes.

Claire : Euh, alors aujourd’hui, on doit mettre des masques dans pleins d’endroits de l’espace public, comment ça se passe pour vous qui vous exprimez en langues des signes et où y a vachement besoin peut-être des expressions du visage ou des choses comme ça, qu’est-ce que vous avez à dire sur cette question là ?

Pauline : Alors, ça dépend des lieux, pour moi, parce que dans des magasins, des trucs comme ça, à la pharmacie, etc, quand je vois le vendeur ou la vendeuse masquée, c’est vrai que moi, j’essaie de dire « excusez-moi, j’arrive pas à lire sur les lèvres, je suis une personne sourde », et y a des personnes qui tout de suite enlèvent le masque ou se mettent à mimer et en fait s’’éloignent un peu pour se mettre à bonne distance et d’autres personnes qui continuent à dire « Ah non non, je ne veux pas enlever mon masque », voilà. Ou alors des personnes aussi qui ne veulent y pas enlever le masque mais qui essaient de mettre plus d’expression ou de passer par un papier pour écrire les besoins, etc. Y a des personnes avec qui ça facilité plus la communication parce qu’ils essaient plus de s’adapter à nous que des fois. Ça dépend.

Radia : Et moi, globalement, je dirai la même chose, je rajouterai juste dans les gros magasins, euh par exemple, le fait de mettre des vitres pour nous, c’est vrai que c’est plus simple, plus facile pour communiquer avec les caissière, que dans les petits magasins où les gens sont plus masqués et hésitent plus à enlever le masque. Mais ça dépend des situations, y a des situations où c’est pas facile, on a envie de … enfin, de sortir moins parce que c’est moins agréable de voir des gens plusm masqués. C’est vrai que je travaille ici à distance, alors, j’ai moins besoin… enfin, j’ai des solutions. Du coup, j’ai moins besoin d’aller dehors.

Claire : est-ce que vous avez entendu parler de masques qui seraient un peu transparents ? Et qu’est-ce que vous en pensez ?

Radia : moi, c’est vrai que ça me gêne parce que le fait d’avoir le masque, hygiéniquement, c’est pour la santé, pas pour la communication, euh,donc pour moi,mettre des masques transparents pour communiquer, je préfèrerais que les gens apprennent la langue des signes et du coup, y aurait pas besoin d’avoir des masques comme ça, enfin, parce que de toutes façons pour nous, l’adaptation, c’est pas de bien articuler mais c’est d’apprendre la langue des signes. Du coup, l e masque pourmoi, ça a permis de réveiller des gens qui avant s’appliquaient juste à articuler en postillonnant dessus… alors que… enfin, je préfère que les gens se mettent à la langue des signes et pour moi, ça serait la meilleure solution d’hygiène, de se mettre à la LSF. Et moi personnellement, j’en ai pas acheté de masques transparents, je n’en ai pas senti le besoin, j’suis pas hyper convaincue de la chose.

Pauline : Moi, c’est un petit peu pareil que Radio, l’idée est la même, je rajouterai juste qu’il y a des personnes sourdes qui ont créé ça, euh parce que c’était leur besoin et leur choix de communication parce que c’était des personnes qui lisent sur les lèvres mais c’est vrai que pour moi, j’ai pas envie de continuer à faire l’effort de lire sur les lèvres, j’ai envie de ire comme Radia, le fait de se mettre à signer, ça permet aussi aux entendants de s’adapter à notre langue et voilà c’est quelque chose de possible.

Claire : Vous avez envie de rajouter quelque chose sur ce thème ?

Radia : Profitez-en pour apprendre la langues de signes, c’est une belle langue !

Pauline : Et moi,je voudrais rajouter : depuis trois mois à peu près que l’épidémie de coronavirus, il y a tout les protocoles d’hygiène, les barrières, se mettre à distance, ne pas postillonner, éternuer dans son coude, etc. pour nous, on s’est dit, que la langue des signes était vraiment un avantage. On n’a pas besoin d’être proche, on peut être loin, c’est déjà un code culturel qu’on a de se mettre à distance pour pouvoir voir un petit tout le monde dans des assemblées, faire des cercles où tout le monde se voit, alors que quand on parle, y a des postillons etc. En LSF, y a pas tout ces problèmes là, et c’est vrai que pour nous, c’est un vrai avantage.

Claire : Vous avez des plans, des idées d’endroits pour apprendre la LSF ou pas ?

Radia : Alors moi, je travaillais avant en tant que formatrice LSF, donc moi, je peux faire des formations mais j’ai pas encore créé mon autoentreprise.C’est vrai qu’ici, y a pas mal de centres de formations, plutôt du côté de Toulouse, euh, mais si y a besoin de noms, évidemment, on peut vous donner les contacts.

Pauline : Oui, à Toulouse, il y a plusieurs associations et entreprises qui créent des cours de LSF, c’est vrai que dans le Tarn, il y en a un peu moins. Mais à Rabastens, à la MJC, il y ades cours de LSF, deux fois par mois, je crois, une personne sourde qui enseigne la LSF et à Gaillac, il me semble aussi à laMJC ou dans un autre lieu un centre d’animation, il y a des cours de LSF. Mais, c’est pas des cours très réguliers avec une très grande évolutions de niveaux. Sur Toulouse, il y a des associations qui ont plus de choix de niveaux.

Claire : Ensuite, sur le thème de la radio, la radio et les Sourds, bon, c’est pas très de évident de faire parler, euh, de donner la voix à des Sourds sur la radio mais quand même c’est faisable, vous qu’est-ce que vous avez comme réflexions ou propositions là-dessus ?

Radia : Souvent, on se dit, la radio, c’est quelque chose qu’on entend et qu’on ne voit pas et donc, qui n’est pas forcément accessible, après, on prend plus des formes visuelles pour pouvoir comprendre en fait des propos, après il y a plusieurs initiatives de personnes qui ont traduit des émissions de radio en groupe, par exemple, il y a un interprète qui est là et le groupe de personnes sourdes peut regarder la traduction, voilà, bon, c’est vrai que vous, vous avez l’avantage de pouvoir écouter la radio dans la voiture par exemple, etc, mais il y a moyen d’adapter la radio aux personnes sourdes, parce qu’on a aussi besoin d’avoir accès à ces informations-là.

Pauline, C’est vrai que pour moi la radio, c’est un truc d’entendant auquel, je m’intéressais pas trop jusque là. Et comme disait Radia, il y a eu de plus en plus d’initiatives comme filmer la radio ou mettre des sous-titres, de temps en temps avoir des interprètes qui traduisent des propos de radio, des émissions, euh, et moi, j’ai fait des études de journalistes et je me suis intéressée aux différents médias, télé, radio, internet, etc. et à voir les spécificités un petit peu de chaque forme de média et pour moi, ça donne aussi différents types d’informations, j’ai l’impression qu’il y a peut-être plus de liberté d’expression à la radio, alors que quand il y aune caméra, peut-être qu’il y a moins de liberté d’expression et puis, la forme d’information, j’ai l’impression que c’est différent et c’est vrai que ça m’attire pas mal, moi, la radio. Et là, on a créé un groupe, un collectif qui s’appelle Persiste et Signe, un groupe de personnes sourdes et entendantes, voilà, au sein duquel on discute de politiques, d’émissions de radio de conférence, d’évènements, très intéressants et du coup, ça permet d’avoir un regard critique sur la politique, sur la société et de construire ensemble, avec des interprètes qui filment des traductions d’émissions de radio, de construire ensemble un propos intéressant, quoi.

Claire : Ce collectif que vous évoquez, c’est un collectif qui est ancré localement ?

Pauline : Non, c’est un collectif, je dirai,sans frontière, euh, on est plusieurs personnes à habiter ici dans le coin. Tous les membres du collectif sont signants, il y a des vidéos qu’on traduit, on essaie d’aller voir, là où les autres médias ne vont pas, là où il y a peu de traductions, parce que les traductions sont surtout sur les médias mainstream et du coup, on essaie d’avoir des émissions qu’on traduit qui sont plus de médias alternatifs et nous mêmes de créer des supports.

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